Browsing Tag

español

Ma vie de maman, Paroles de ChaCha

Je suis une maman bilingue : hablo español con mis niños

21/03/2017

Enfant, adolescente ou jeune adulte, j’ai toujours pensé, voulu, être maman. Dans mes rêves, ou les actes que je pouvais reproduire enfant, il était évident que je partagerai une de mes langues maternelles… Oui mais laquelle, puisque d’un côté ma maman est espagnole et de l’autre, mon papa est portugais…

C’est mon histoire, mon adolescence et mon ressenti qui m’ont permis de choisir, ou plutôt mon instinct qui m’ont poussée à choisir l’espagnol.

J’ai choisi la langue du cœur, plus que celle de la raison. J’ai souffert, oui on peut le dire et j’en ai déjà parlé ici et , que mes parents aient choisi de privilégier le portugais et le Portugal au détriment de l’Espagne.

Je ne juge pas, même si aujourd’hui maman à mon tour, j’ai toujours du mal à comprendre je me dis que mes enfants qu’on le veuille ou non baigneront dans les 2 origines et les 2 langues.

Monsieur Doux ne s’est jamais opposé à ce que je parle espagnol à Mini Moi1, bien au contraire ! Il m’a encouragée et parfois défendue lorsque certaines personnes ne respectaient comprenaient pas ce choix.

C’est merveilleux, jusqu’à présent nous avons passé nos vacances d’été, donc les plus longues, au Portugal et grâce à moi, oui moi, Mini Moi1 a, non seulement l’oreille entrainée, mais en plus il comprend ou a des pistes de compréhension qui lui permettent timidement de ne pas se sentir exclu, le portugais ayant quelques similitudes avec l’espagnol ou du moins les mêmes bases. (merci le latin !)

Comme durant mon enfance, le temps passé en Espagne sur les Terres de ma maman est anecdotique et ne lui permet pas de pratiquer correctement la langue, toutefois quel bonheur de voir un sourire, un rire, une complicité entre lui, ma marraine, mon oncle et ma cousine, la future marraine de Mini Moi2.

J’avoue qu’en grandissant le regard des autres est devenu pesant, ou du moins la pression que je me suis mise.

Je m’explique : il m’est parfois difficile en public de m’adresser à mon grand en espagnol car je redoute le regard de ses camarades, je redoute l’exclusion, c’est idiot je sais bien. A tel point que je lui parle de moins en moins en espagnol, sauf à la maison ou dans l’intimité (la voiture lol, en petit comité…). J’ai peur aussi de faire des fautes et que de parfaits hispanophones puissent me juger « mais qu’est ce qu’elle a celle là à se la jouer espagnole alors qu’elle n’a pas le niveau »… Ce qui me sauve c’est que j’ai un bon accent ^^. Il y a aussi ce que je craignais, Mini Moi1 qui me demande pourquoi je lui parle espagnol et pas portugais…

Bah oui quoi ? ses grands parents maternels vivent au Portugal, ses grands parents paternels vivent ici mais parlent le « frantougais » merci José Cruz pour l’expression découverte grâce à toi… 😉 Il se rebelle, mais la chance que j’ai c’est que la langue du cœur, la langue de la tendresse et de nos moments rien qu’à nous est l’espagnol et c’est ce qui nous réconcilie…

{ petite parenthèse, on parle tous le « frantougais » quand on est immigré ou enfant d’immigrés donc ce n’est pas un problème 🙂 }

L’arrivée de Mini Moi2, m’a remise sur les rails… Je suis bien décidée à lui parler exclusivement en espagnol, ce qui m’aidera à renouer ou presque avec mon grand. Tout comme avec le premier il y a des rituels qui font toute la différence : les berceuses en espagnol que j’invente, ou que je trouve sur internet, les comptines, les câlins en espagnol, le rituel du bain en espagnol, celui de l’histoire du soir en espagnol, nous commençons à avoir une sacrée collection de livres… A table, ou encore dans la voiture… et puis les mots d’amour… les mots d’amour glissés dans leurs oreilles… les encouragements en espagnol… et puis tant pis si le français vient interférer car évidemment il me manque un peu de vocabulaire, bien sûr me falta practica.

C’est une chance incommensurable de pouvoir parler une langue étrangère, elle est triplée pour ma part puisque je parle aussi portugais et anglais et cette dernière me fascine.

Je ne peux qu’encourager ma génération à faire de-même, c’est à dire faire de son mieux… Instaurer des rituels, des mots d’amour, la complicité ne sera que plus forte et tant pis si on fait des erreurs et tant pis si on nous regarde de travers…

J’ai lu, entendu qu’un enfant devait avoir un seul référent par langue, voilà pourquoi je ne peux pas leur parler portugais en plus… (deja les mélanges français/espagnol aie aie aie) 

Je m’accroche, je ne dis pas que c’est simple tous les jours… Justement ces jours où je doute, ces jours où parfois je me trouve nulle, je pense à 2 personnes qui de là-haut veillent sur moi et je pense, doivent être fières : mi abuela y mi abuelo. J’ai manqué d’eux et ils me manquent aujourd’hui et chaque jour un peu plus… Bien sûr je suis très attachée à ma famille paternelle, mais ce n’est pas pareil, ma grand mère je la voyais souvent ici, alors qu’en Espagne c’étaient des instants volés, quelques jours, bien trop courts suspendus dans le temps, dans la chaleur des montagnes. Une grande famille et des grands parents que l’on avait peur de fatiguer, de gêner dans leur, pourtant grande maison.

J’ai aimé d’amour mes grands parents qui m’ont fascinée, j’ai détesté ces jours trop courts où pourtant je ne pensais qu’à m’amuser dehors, je m’en rend compte aujourd’hui adulte.

Je remercie les racines qui poussent en moi de plus en plus en vieillissant, en devenant maman (comprenne qui pourra) : l’importance de l’Espagne, l’importance du Portugal dans ma vie, dans nos vies, celle de ma famille, celle de mes enfants… Je remercie ce patrimoine de faire qui je suis aujourd’hui, une touche à tout, curieuse et ouverte sur le monde.

Me faltan palabras claro, para decir cuanto quisiera que mis niños puedan entender lo importante que es para mi, poder transmitirles el amor y el cariño que tengo para España, para mis abuelos y claro para mis padres… Hay que valorar quienes somos…

Ligne-pointi

Sean felices !

Sean puntuales !

Besitos

ChaCha