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Récits imaginaires

Paroles de ChaCha, Récits imaginaires

La routine

12/03/2018

Elle le regarde, il est là dans la même pièce et pourtant si loin.

Elle voudrait lui dire quelque chose, lui demander d’arrêter, elle voudrait arrêter le temps.

Quand est-ce que ça a commencé, quand la magie a t-elle pris fin ?

Depuis combien de temps ne lui a t-il pas pris la main ?

Elle le frôle, le dévisage mais aucun son ne sort de sa bouche.

Elle le cherche du regard, le provoque avec une ou deux phrases choc, mais rien.

Elle, qu’a t-elle fait ou qu’aurait-elle dû faire ? Lui parler davantage ou se taire ?

Qui a commencé avant que cela ne finisse ? Où en est leur amour, avant que la routine ne s’immisce ?

Sont-ils encore heureux, peut-on dire qu’ils sont amoureux ?

Le réveil sonne chaque matin, les mêmes gestes, les mêmes scènes se répètent dans les mêmes pièces de cette maison froide.

Il n’y a pourtant aucun geste méchant, aucun reproche assurément, rien de plus qu’un silence assourdissant.

Des draps froissés, une lumière qui s’allume, le micro-ondes qui « bip », une cuillère qui tinte, un emballage que l’on froisse, une poubelle qui se ferme. Ces bruits s’accumulent et deviennent un cauchemar, alors même qu’elle traine des pieds pour le rejoindre et devant lui s’asseoir.

Ils échangent à peine un regard, il se lève emporte avec lui sa tasse et tous ses espoirs, la laissant là pleine de désespoir…

 

Paroles de ChaCha, Récits imaginaires

Avant de s’endormir…

11/03/2018

Elle voudrait éteindre la lumière, remonter la couette et simplement fermer les yeux, mais il n’en est rien.

Elle se relève, son téléphone à la main pour l’éclairer et s’approche de son tout-petit pour l’entendre respirer… Cela dure 3 secondes, guère plus, mais cela suffit à la rassurer…

A pas de loup, elle quitte la première chambre et fait irruption dans la seconde, avec la même minutie comme s’il y avait une bombe. Les ronflements la rassurent, mais c’est la couette et cette jambe qui ne veut jamais rester en place qui ont toute son attention et c’est avec précision, dans la pénombre qu’elle réajuste la position de son petit champion.

Elle se retrouve sur le palier des chambres un peu désorientée, comme si elle avait oublié ce qu’elle venait chercher.

Etourdie et résignée, elle retourne se coucher. Elle jette un dernier coup d’œil sur son téléphone, vérifie les notifications, les pouces levés ou les cœurs affichés : Instagram, Facebook, elle ne peut s’en empêcher.

Il est tant, grand temps de débrancher, pour autant elle ne va pas y arriver. Elle prendrait bien un livre, mais elle serait bien capable de le terminer.

D’une main elle éteint l’écran, de l’autre amorce un pénible retournement et se persuade que c’est l’heure, oui l’heure de dormir profondément.

Ajuster l’oreiller, se caler, rassembler les paumes et ne pas oublier de prier, de remercier Dieu pour cette journée écoulée et fermer les yeux plus fort.

Fermer les yeux et dormir, le rêve, le luxe qu’elle ne s’offre pas. Sa tête et son esprit son très forts à ce jeu là et la torture commencera là.

Et si ?

Et pourquoi ?

Et combien ?

Et pourquoi pas ?

Et quand ?

Et qui ?

Et j’aurai dû…

Et j’aurai pu…

Et si j’avais…

Un tourbillon d’interrogations, de doute, d’images qui repassent dans sa tête et son cœur qui s’emballe.

Elle est persuadée qu’elle n’est pas normale…

Elle est fatiguée, si fatiguée pourtant, physiquement et moralement elle devrait dormir à présent.

Perfectionniste, hyper sensible, le cerveau toujours bouillant, peu de gens le savent, mais c’est éprouvant et paradoxalement épuisant, même si le marchand de sable ne fait pas semblant.

Alors elle repousse cet instant… Elle voudrait juste pouvoir s’étendre et étirer tous ses membres. Attendre patiemment sans réfléchir que son cerveau sache bien se tenir.

Faire, défaire, envisager, écrire, imaginer, avoir peur d’oublier et vouloir oublier, vouloir se laisser aller.

Partir…  Dormir, sans compter, dormir sans compter, ne pas se rendre compte qu’elle s’est endormie sans difficulté.

Avant de s’endormir, chaque soir, elle se plaît à divaguer…

Tantôt heureuse, tantôt fâchée, bien souvent très inspirée, elle repousse encore et encore l’heure du coucher.

 

Paroles de ChaCha, Récits imaginaires

Elle ne dansera pas ce soir…

10/03/2018

Ce soir elle aurait dû porter une jolie robe, enfiler des chaussures à talons et forcer un peu sur le maquillage.

Elle aurait aussi vérifié la tenue de son amoureux, déposé les garçons chez papi et mamie et couru main dans la main avec son chéri, pleine d’entrain, mais ce soir il n’en sera rien.

Ce soir elle aurait dû arriver au bras de celui qu’elle aime et distribuer des bisous, des sourires, elle aurait dû retrouver des gens qu’elle n’a pas vu depuis une éternité.

Cette soirée, elle l’avait imaginé joyeuse et pleine de fierté… La famille, les amis, tous heureux de se retrouver.

Ce soir, c’est jusqu’à l’aube qu’elle aurait dû danser, elle aurait fait claquer ses talons avec la fougue qui la caractérise et s’abandonner.

Ce soir, elle aurait échangé quelques mots avec celui qu’elle a tant aimé et qui a tant compté, car c’est pour lui qu’elle se serait déplacée.

Et puis non, pas ce soir…

La nuit tombera, la musique résonnera peut-être même jusqu’à ses oreilles, mais elle ne sera pas là, pas là-bas.

Elle a dû mal à y croire, mal au cœur et le vague à l’âme, elle se résout à sa propre absence, dans l’indifférence et en silence.

Elle s’assied et écrit le combien son cœur est meurtri.

Elle se remémore péniblement les années complices : l’enfance, l’adolescence, les premiers pas dans la vie adulte et l’éloignement.

L’éloignement, cette distance encore plus cruelle ce soir, qui bientôt sera insignifiante puisque l’important est ailleurs, mais l’instant présent apporte son lot de douleur.

Elle ne dansera pas ce soir, ni avec lui, ni avec personne, la faute à une ou plusieurs personnes… Elle aurait voulu faire une autre rime en « onne »…

Elle ne dansera pas ce soir, parce que le manque d’amour des gens la ronge, parce que l’égoïsme de beaucoup l’étouffe et parce que l’amour propre, l’emporte !

Elle ne dansera pas ce soir, elle dispensera certains de son rire puissant, de ses grands gestes et de ses arguments. Certains remarqueront son absence, d’autres feront semblant, presque reconnaissants de ce vide, de ce silence.

Elle ne dansera pas ce soir, elle brillera une fois encore par son absence, à la différence près que ce soir on l’attendait.

Elle ne dansera pas ce soir, fière et élégante elle a décliné l’invitation, puisque dans sa famille on préfère, on évalue, on calcule… 

Elle ne dansera pas ce soir… 

 

 

je prends la plume pour ..., Récits imaginaires

la fille à la sucette #2

14/02/2016

Il était sur le départ et elle s’apprêtait à aller en cours, bientôt 8h… Il se demandait bien ce qu’elle pouvait faire comme études et il trouvait ça quand même tôt pour aller en cours…

Lui estimait qu’il avait de la chance, sur ce chantier là 8h, 8h15 c’était presque du luxe quand tu travailles dans le bâtiment. Son collègue Miguel était une fois encore en retard, mais tant pis, il l’attendrait encore 5 minutes mais pas une de plus… D’autant que la fille à la sucette allait bientôt s’engouffrer dans ce grand bâtiment sale accompagnée de ses copines.

Il la dévisageait encore pendant quelques instants avec envie, quand il la vit jeter ce foutu bâton blanc et là il a pu apprécier pour la première fois son sourire, un sourire qui lui illuminait le visage. Elle repoussa une mèche de cheveux derrière son oreille et fit voler son sac par dessus son épaule… Il était en transe… il avait une envie folle de pousser cette porte et de courir vers elle… C’est ce moment là que son collègue Miguel et sa mine patibulaire ont choisi pour faire irruption dans le café.

Encore haletant Miguel tira son collègue de sa folle rêverie.

« On dirait que t’as vu la Vierge ! »

Cà ne pouvait pas être plus violent comme réveil… Il était écoeuré et triste, quel con ce Miguel !

« Allez on y va, caralho ! Ca fait 20 minutes que je t’attends », lui dit il sur un ton peu amical.

Miguel le regarda plutôt surpris, il n’avait jamais vu son jeune collègue aussi bougon… « C’est bom Ó Dom Joao ! fais pas la gueule »

Lui, pris son sac de gamelle et emboîta le pas de Miguel, il en oublia même de jeter un dernier coup d’œil sur la fille à la sucette, laquelle pourtant ne manqua rien de sa sortie du petit café… Elle regardait à la fois amusée et curieuse ce joli brun qui sortait d’un pas décidé de ce tout petit café où elle terminait toutes ses journées…

Ligne-pointi

Voilà donc, la suite de « La fille à la sucette », vous avez été une vingtaine entre ici et Facebook a vouloir connaître la suite…

Donc on recommence…Si ça vous plaît toujours et si vous voulez connaître la suite de cette nouvelle… laissez moi un petit « encore » rien de plus, sous ce post et j’alimenterai cette histoire :-)

Qu’en pensez vous ? Vous me suivez ? Attention, il me faut au moins 5 « encore » sous le post ^^ (pas de la même personne), faites le lire par votre famille, vos ami(e)s et donnons vie ensemble à cette « fille à la sucette », son admirateur et ses copains de chantier… Je propose d’intégrer cette histoire parmi les différents articles du blog… oui c’est risqué oui il faudra sûrement être patients, mais pour ne rien rater abonnez-vous justement ! Un petit rendez-vous chaque dimanche en fin de journée, si pas de contretemps…

Je compte sur vous ! Merci <3

Soyez heureux ! Soyez à l’heure !

Bisous

je prends la plume pour ..., Récits imaginaires

la fille à la sucette #1

07/02/2016

Il avait l’habitude de la croiser à l’entrée de la fac… Elle était toujours au milieu d’une dizaine de filles, quelques gars parfois… Elle avait toujours un bâton blanc ridicule au coin de la bouche qu’elle retirait parfois quand ses copines n’avaient pas l’air de comprendre un traitre mot de ce qu’elle disait…

Elle portait toujours un jean serré, enfin moulant quoi… Des converses, il croit bien qu’elle en avait de toutes les couleurs et lui, détestait ça les converses… pas féminin du tout… Mais il n’arrivait pas à détacher ses yeux de cette fille et de ce truc blanc qu’elle faisait valser avec sa langue…

Il était là chaque matin, dans ce petit café devant sa tasse, pour se donner du courage pour affronter une énième journée de ce boulot de merde, ce boulot qui lui permettait de se nourrir, mais pas de s’épanouir… Mais en regardant cette fille au milieu de ses copines, chaque matin, cette routine là ne lui déplaisait pas, cette vue là non, enfin, si un peu… ce bâton blanc qu’est ce que c’était vulgaire !

Il s’était promis de le lui dire un jour, pour son bien à elle et puis le sien aussi, faut pas déconner, quitte à la regarder, la dévisager, autant qu’elle soit parfaite. Il mourait d’envie d’aller lui parler, mais dans son bleu de travail ridicule et toutes ces tâches de peinture, elle aurait rigolé, elle ne l’aurait jamais considéré ni pris au sérieux… Quand on va à la fac, on fréquente pas des mecs comme lui, enfin c’est ce que ses copains de chantiers lui répétaient… C’est forcément une fille à papa, « une gosse de riche », lui avait dit une fois son copain Miguel. Lui, bizarrement il était attiré par elle, c’est pas qu’elle était super belle, en plus qu’est ce que c’est moche les converses ! mais il avait envie ou besoin de croire qu’elle était différente…

Chaque matin il trainait des pieds autant pour aller travailler qu’à l’idée de la « quitter », ce foutu chantier, ces collègues avec lesquels il n’avait rien envie de partager… Quelle galère… Mais elle, elle il était sûr qu’il devait l’approcher, tenter quelque chose… Risquer… C’est vrai quoi on a qu’une vie ! Il la voyait le matin, chaque matin, elle dans ces maudites converses et son bâton blanc à la bouche et lui,  dans son éternel pantalon de chantier tout tâché.

Il devait connaître son emploi du temps… Oui mais comment ?

Ligne-pointi

Alors voilà… ça fait très longtemps que j’écris c’est ma passion pour celles et ceux qui me suivent et me connaissent… le blog a commencé sans beaucoup de photos…

Si vous en êtes d’accord et si cela vous plaît je vous propose un petit jeu…

Si vous voulez connaître la suite de cette nouvelle… laissez moi un petit « encore » rien de plus,

sous ce post et j’alimenterai cette histoire 🙂

Qu’en pensez vous ? Vous me suivez ? Attention, il me faut au moins 10 « encore » sous le post ^^(pas de la même personne), faites le lire par votre famille, vos ami(e)s et donnons vie ensemble à cette fille à la sucette, son admirateur et ses copains de chantier… Je propose d’intégrer cette histoire parmi les différents articles du blog… oui c’est risqué, oui il faudra sûrement être patients, mais pour ne rien rater abonnez-vous justement !

Je compte sur vous ! Merci <3

Soyez heureux ! Soyez à l’heure !

Bisous